Apr 15, 2026

À la faveur des mutations politiques et du retrait progressif des opérateurs étrangers, cette exploitation fut cédée à un groupe de 76 vaillants fils de Bafou, sous la conduite éclairée de Sa Majesté Fo’o Djoung Dr KANA II. Cette transition marqua un tournant majeur : celui du passage d’un outil de production colonial à un patrimoine collectif local, porteur d’espoir et de souveraineté économique.
Conscients des enjeux de gestion et de valorisation d’un tel domaine, ces pionniers, avec l’appui de figures emblématiques telles que le Dr Panka Paul et Fo’o Miatsuet Guetsop Paul, firent preuve d’une grande vision stratégique. Après avoir rapidement remis la ferme en exploitation, ils optèrent pour une solution durable en concédant le domaine en location à l’État, afin d’y établir des champs d’expérimentation au profit du Centre universitaire d’agronomie de Dschang.
Ce choix, à la fois pragmatique et visionnaire, permit non seulement de garantir des revenus stables à travers le fermage, mais aussi de positionner le site comme un espace d’innovation agricole et de formation académique. Chaque année, dans un esprit de cohésion et de respect des traditions, ces propriétaires se réunissaient autour de leur souverain pour partager les retombées de cette exploitation et renforcer les liens communautaires.
Au fil des décennies, cet héritage a traversé le temps, passant progressivement entre les mains des descendants des premiers propriétaires. Toutefois, comme beaucoup de patrimoines collectifs, il fait aujourd’hui face à de nouveaux défis : gouvernance, modernisation, rentabilité, sécurisation foncière et adaptation aux réalités économiques contemporaines.
La création de la SOPROFERBA (Société des Propriétaires de la Ferme de Bafou) s’inscrit précisément dans cette volonté de structurer, protéger et dynamiser cet héritage, afin qu’il ne soit pas simplement conservé, mais véritablement valorisé.
L’avenir de la SOPROFERBA repose désormais entre les mains d’une nouvelle génération appelée à transformer cet héritage en véritable levier de développement. Pour cela, plusieurs axes ambitieux peuvent être envisagés :
Relancer une exploitation agro-pastorale moderne (production laitière, transformation locale, agro-industrie), en s’appuyant sur les technologies actuelles.
Nouer des collaborations avec des universités, centres de recherche, investisseurs et institutions, pour redonner au site son rôle de pôle d’excellence.
Développer des projets structurants : agropole, écotourisme, formation agricole, ou zones économiques spécialisées.
Mettre en place une gestion transparente et moderne (plateforme digitale, suivi des revenus, communication avec les membres) grace a Wekonex.
Cet héritage n’est pas simplement un bien foncier — c’est une responsabilité historique et une opportunité stratégique.
À nous, héritiers et bâtisseurs de demain :
Ne nous contentons pas de percevoir les fruits du passé
Osons investir, innover et structurer
Transformons cet acquis en un projet ambitieux, rentable et durable
Car là où nos aînés ont su préserver, il nous revient désormais de faire prospérer.
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